Cinq ans après son dernier titre sur le circuit ATP, Sébastien Grosjean remporte le tournoi de Lyon.Sébastien
Grosjean a remporté le tournoi de tennis de Lyon dimanche. Le
Marseillais a dominé son compatriote Marc Gicquel en deux sets 7-6
6-4.
La renaissance de Grosjean
mais qui est il ?
Sébastien
Grosjean est joueur de tennis professionnel.
L'amour du jeu est en lui depuis son plus jeune âge sur et en dehors du
court. Ce profil psychologique plutôt atypique dans un milieu où la
rigueur est élevée au rang de vertu fait à la fois sa force et sa
faiblesse.
Que son organisme le laisse tranquille et qu’il s’amuse raquette en
main, et
les coups droits pétaradent aux quatre coins du court. Sa carrière
oscille
ainsi logiquement entre hauts et bas, au gré de son envie et de son
implication. Mais si elles répondent présent, gare aux étincelles !
Sébastien est né le 29 mai 1978 à Marseille. C’est peu dire
qu’il aime sa ville, il l’adore – et en premier lieu, son étendard :
l‘Olympique de Marseille, dont il reste aujourd’hui encore un inconditionnel.
Il passe son enfance à Ancelle, puis à Pra Loup, où il découvre successivement
le ski et le tennis. A neuf ans, son choix est fait : ses glissades, il
les fera sur terre battue. D’abord entraîné par Sophie Banguard et Hervé
Bonguyon, puis par Hervé Pagano (à Gap), il entre au tennis études de
Boulouris, alors dirigé par Patrice Beust, en 1990. La victoire historique en
Coupe Davis, à Lyon, en 1991, le marque à jamais : il sera tennisman professionnel.
Ses dons sautant aux yeux de tous, il intègre l’INSEP en
septembre 1992. Mais il y souffre rapidement du mal du pays et surtout d’un
problème de croissance du genou (connu sous le nom de maladie
d’Osgood-Schlatter). En mai 1994, il est numéro 2 français de sa catégorie.
Mais la mode est alors aux grands gabarits, comme Goran Ivanisevic ou Michael
Stich, qui assomment leurs adversaires à grands coups d’aces. Grosjean est jugé
“ trop petit ” pour le tennis de haut niveau. Avenir bouché? Qu’à
cela ne tienne : il repasse par la case Marseille. C’est là-bas qu’il va
vivre la première éclosion de sa carrière, sous la férule de Bernard Fritz, et
va rencontrer celui qui deviendra son meilleur ami sur le circuit (et
accessoirement le parrain d’un de ses enfants) : Arnaud Clément, dit “La
Clé”.
En deux ans, il grimpe quatre à quatre les marches du
succès. En 1995, il est champion de France juniors. L’année suivante, il
conquiert l’Europe, puis le titre suprême – comme Amélie Mauresmo, sacrée elle
aussi championne du monde juniors en 1996. L’heure est venue de franchir le pas
du professionnalisme.
En 1998, il épouse Marie-Pierre Villani et devient père pour
la première fois (Lola, née le 11 octobre). Il goûte aussi aux joies de la
Coupe Davis, contre Israël, rencontre pour laquelle il est convoqué à titre de
remplaçant. Encore un an, et il passe un nouveau cap dans sa carrière : le
top 50 ATP.
Il frappe son premier grand coup à Key Biscayne, en avril,
où il atteint la finale (battu par Richard Krajicek), après avoir estourbi
Gustavo Kuerten et Carlos Moya (alors numéro 1 mondial). Il s’impose rapidement
comme un membre à part entière du team France, qui atteint cette année là la
finale de la Coupe Davis (défaite contre l’Australie). C’est l’époque où sa
courbe de résultats et ses progrès, surtout physiques, lui permettent de
n’envisager qu’une voie : l’ascension vers les sommets.
Durant trois ou quatre ans, il est le patron incontesté du
tennis français et devient l’un des joueurs les plus redoutés du circuit. En 2000,
il décroche le premier titre de sa carrière, à Nottingham, sur gazon – surface
qui colle à merveille à son talent unique et à son goût pour les coups les plus
improbables. En fin de saison, il est 19e mondial. L’heure de la
consécration a sonné.
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