Plaqué ici, Cédric Heymans n'es pas inquiet pour les Bleus
La
première défaite du nouveau staff du XV de France face à l'Angleterre
n'a pas soulevé de vent de panique. Toutefois, du sang neuf sera
injecté dans deux semaines devant l'Italie. Les temps changent, les comportements
aussi. Certes, le contexte en octobre était différent, avec une
élimination en demi-finales de la Coupe du Monde (9-14), mais la
sanction est la même. Une défaite face à l'ennemi anglais, encore
reparti du Stade de France avec une victoire dans la besace (13-24).
Cette fois-ci, personne ne tombera pourtant sur le staff tricolore en
place. Pour plusieurs raisons. D'une part, le trio
Lièvremont-N'Tamack-Retière est très jeune au poste et a toujours
affirmé que le Tournoi n'était pas un objectif prioritaire. Ensuite,
face à un groupe britannique qui a un an de vécu sous l'ère Ashton et
vice-champion du monde en prime, l'heure n'est pas à l'inquiétude
fragrante. Mieux, Marc Lièvremont veut même trouver des motifs de
satisfaction, notamment au niveau de sa charnière composée par François
Trinh-Duc et Morgan Parra : « Je les ai trouvés extrêmement brillants. Ils ont même été
exceptionnels. Je le pense également pour Lionel Picamoles qui a été
l'un des joueurs qui a le plus régulièrement avancé. On est contents
pour eux. Tous n'ont jamais démissionné. Etre mené 10-0 au bout d'un
quart d'heure de jeu contre l'équipe vice-championne du monde et venir
taper dans un mur systématiquement, ce n'est pas évident. On a essayé
jusqu'au bout mais peut-être de manière trop désordonnée».
La mêlée encore en question
Comme en octobre, c'est surtout dans le cinq de devant que la
différence a été la plus significative. Face au trident
Vickery-Regan-Sheridan, les Bleus ont été à la peine : « Je crois que l'on a été pénalisé trois ou quatre fois mais
je n'ai jamais eu le sentiment que notre mêlée explosait devant la
mêlée anglaise. Les décisions de l'arbitre étaient souvent très
rapides. Dès l'impact, la mêlée tombait et c'était systématiquement
sifflé contre la France», analysait à chaud Lièvremont. Plus
inquiétant, le système de jeu offensif prôné depuis le début de la
compétition n'a jamais vraiment pu être appliqué, les Anglais murant
les liens extérieurs et muselant tout accès à Vinent Clerc. Cette
équipe joueuse a donc rendu les armes mais les intéressés ne seront pas
punis face à l'Italie même si un grand ménage va être effectué dès
mercredi avec l'annonce du groupe des 22. « On avait très envie de voir d'autres joueurs. Mais s'il y a
des changements, il ne faut pas que cela apparaisse comme des sanctions
car ce ne sera absolument pas le cas», conclue Lièvremont.
«Un match qui va nous apprendre»
Cédric Heymans, qui commence à rouler sa bosse à l'arrière, connaît
bien les rouages du système. Même s'il pourrait être remplacé lors du
prochain match, son expérience apporte son lot de sagesse. Ses mots
rassurent : « Ce match n'était pas un piège. On savait qu'il ne fallait
pas faire d'erreurs et on en a fait. Mais globalement, c'est un match
qui va nous apprendre, c'est bien pour la suite». Une suite qui
passe par la réception de l'Italie à Saint-Denis avec l'intégration
possible de joueurs plus expérimentés, histoire de souder un collectif
déjà en place. Sébastien Chabal, non retenu avec les Bleus pour le
Crunch, est peut-être le grand vainqueur de la journée. Auteur d'un
essai en toute fin de match contre Leicester (14-11), le joueur de Sale
a sauvé les siens et ne cesse de clamer son désir de revenir chez les
Bleus. Tout comme Nyanga, Brusque, Harinordoquy, etc...
Louis Picamoles a été l'un des meilleurs tricolores sur la pelouse du
Stade de France samedi contre l'Angleterre (13-24). Le troisième ligne
regrette les erreurs commises qui coûtent cher.
«Je me suis senti bien physiquement. On savait que ce
serait un gros combat et le match bascule sur de petites erreurs. On a
commis beaucoup de fautes et cela nous frustre. A un tel niveau et
contre un buteur comme Jonny Wilkinson, une faute coûte trois points à
chaque fois», a confié le troisième ligne Louis Picamoles. Le centre du XV de France Damien Traille est revenu sur les raisons de la défaite des Bleus contre l'Angleterre «
On a senti qu'ils étaient venus
ici pour nous empêcher de donner du volume au jeu, pour casser le
rythme. Ils sont chambreurs. Ils jouent avec les limites de la règle.
Il faudra s'adapter à cela la prochaine fois qu'on les jouera. On a
manqué de maturité. On a rendu les ballons trop vite en faisant trop de
fautes. Contre les Anglais, cela ne pardonne pas», a expliqué Damien Traille à l'issue du match.
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