
Des vertus de l'appel d'offres
Après la LFP, voici le tour de
la FFF de se frotter les mains après un appel d'offres fructueux. Cette
fois, il n'était pas question des droits de retransmission télévisée
des matches des Bleus, mais de connaitre le nom de leur futur
équipementier entre 2011 et 2018. Et pour la première fois de son
histoire, la Fédération avait décidé de procéder à un appel d'offres,
mettant ainsi en pratique «la décision prise par la nouvelle équipe
dirigeante, il y a trois ans, de recourir à la mise en concurrence pour
la sélection de ses partenaires stratégiques et la conclusion de ses
contrats majeurs.» Ainsi, le 3 janvier dernier, les dirigeants de
la FFF faisaient parvenir à dix grands équipementiers internationaux un
dossier de consultation. Le 13 février, date butoir de remise des dits
dossiers, trois d'entre eux avaient répondu : Adidas, Nike et Airness.
Et même si tous trois ont répondu de «façon complète, détaillée et convaincante au cahier des charges fixé»,
il apparait vite clair que le choix se cantonnait à trancher entre les
deux premiers mastodontes, Airness ne pouvant pour l'instant s'honorer
de rivaliser. Mais la marque fondée par Malamine Koné a sans doute pris
date déjà pour de futurs autres appels d'offres… Toujours est-il
qu'entre Adidas et Nike se posait un choix cornélien pour les
responsables de la Fédération française.
La France leader mondial
En effet, d'un côté, on
retrouvait le fidèle équipementier des Bleus depuis le début des années
1970, Adidas, et de l'autre Nike, déjà partenaire de l'équipe de France
de rugby et désireuse de réussir un beau coup double. Désireuse à tel
point que la société américaine proposait une somme astronomique de 320
millions d'euros pour sept saisons et demi, soit une moyenne de 42,66
millions d'euros par an. Comparativement aux 13 millions d'euros
actuels versés par Adidas, il n'y avait donc pas photo même si la firme
allemande avait, elle aussi, revu son offre à la hausse. Mais pas
suffisamment pour égaler celle de son concurrent. Ne restait donc plus
qu'à trancher : privilégier la fidélité d'Adidas ou empocher le pactole
promis par Nike, dont l'offre comprenait aussi «une dotation en
équipements de 2,5 millions d'euros par saison complète et des primes
liées aux performances de l'équipe de France lors des phases finales de
la Coupe du Monde et de l'Euro.» Soit autant d'arguments qui
inévitablement ont fait pencher la balance en faveur de la marque à la
virgule, même si Jean-Pierre Escalettes a tenu à rendre hommage à
Adidas.
Ce contrat permet ainsi à l'équipe de France de s'honorer d'avoir le
maillot «le plus cher» du monde puisque l'Angleterre, leader
auparavant, avait dû se contenter de 30 millions de la part d'Umbro,
alors que l'Italie (Puma) et le Brésil (Nike) ont versés chacun 13
millions. Et pour Nike, après donc la Seleçao et l'Angleterre (Nike
ayant racheté Umbro l'an dernier), l'obtention de l'équipe de France
conforte son intention de déloger Adidas (à qui il reste notamment
l'Allemagne et l'Argentine) de son piédestal dans le monde du football.
Ce que confirmait Fabrice Ducceschi, le directeur général de Nike
France, par le biais d'un communiqué de presse : «C'est
une opportunité exceptionnelle pour notre entreprise et notre marque en
France, déjà leader sur le marché de l'équipement sportif, de continuer
notre croissance dans le football et de développer des liens encore
plus étroits avec tous les Français qui soutiennent leur équipe
nationale.»