| dimanche 13 avril 2008, a 09:45 |
| Tennis - Coupe Davis - Une paire d'as |
Les
détails avaient fait la différence lors des deux premiers simples. Lors
du double, Michaël Llodra et Arnaud Clément n'ont pas fait de détails
samedi pour faire la différence, ramener l'équipe de France à 1-2
contre les Etats-Unis et battre (6-7 [7], 7-5, 6-3, 6-4) en 2h45' les
numéros 1 mondiaux, Bob et Mike Bryan, chez eux, sur une surface
ultrarapide et sans concéder une seule fois leur service. «Pour
mesurer un peu leur performance, c'est comme si on allait jouer en
Suisse sur gazon et qu'un joueur français battait Federer», se félicite Guy Forget.
Et le capitaine possède de sérieux arguments pour employer l'emphase.
La paire américaine n'avait perdu qu'un double contre la Croatie en
quinze rencontres de Coupe Davis et le jeu des Français s'est montré à
la hauteur du palmarès adverse. «On savait avant le match qu'il fallait faire un très grand match qu'un bon match ne suffirait pas, prévient Michaël Llodra. Aujourd'hui,
on était dos au mur, on était mené deux à zéro, on savait qu'il fallait
faire un gros match, on s'est investi à fond dans cette rencontre et ça
nous fait vraiment plaisir de les battre.»
Meilleurs au
service (22 aces contre 11), meilleurs en retour et surtout plus
solides sur les points importants en sauvant quatre balles de break sur
les quatre disputées (2/5 sauvées pour les Américains), Arnaud Clément
et Michaël Llodra ont rendu une copie parfaite. Malgré une petite
rature lors de la balle de set du tie-break du premier set à six points
à cinq avec un coup droit de l'Aixois qui aurait pu ou dû être décisif,
ils n'ont jamais baissé les bras. «Beaucoup d'équipes auraient peut-être abdiquées. Nous, c'est notre force, explique Michaël Llodra. On
a perdu le premier, mais on n'a pas perdu le match. Derrière, hormis un
ou deux jeux un peu chauds, on a fait cavalier seul. C'est une très
grosse performance.» Le même scénario qu'en finale de Wimbledon en
2007... Et cette victoire n'a pas été anodine pour aborder ce match
décisif devant 14.000 spectateurs. «Les rejouer dans une ambiance comme celle-là, on sait qu'on peut le refaire, avoue Arnaud Clément. C'est surtout ce match-là qui a été important pour notre confiance.»
De
la confiance, il en fallait pour revenir dans le match après la
première manche perdue. De la confiance, il en fallait à Arnaud Clément
pour réaliser un service gagnant canon sur le T sur deuxième balle à
4-2 (15-40) dans la troisième set. «Vu que je me sentais bien en
rythme avec mon service, je savais que c'était cette zone qu'il fallait
choisir. J'ai eu la réussite de le mettre. Les matches comme ceux-là,
on ne les gagne pas en retenant son bras ou en essayant de faire le
minimum, explique l'Aixois. On est obligé de tenter des choses,
des retours long de ligne, des services surtout dans mon cas car je
n'ai pas la puissance et la régularité de Mika. C'était bien de le
mettre à ce moment-là. Après si je fais une double faute, je suis une
"quiche".» De la confiance, il en fallait pour réussir le hold-up
parfait à 6-5 au deuxième set sur le service de Mike Bryan avec un
retour exceptionnel de revers d'Arnaud Clément sur une première balle
et un retour-volée de Michaël Llodra. De la confiance, du cran et de
l'intelligence...
Avec ses services slicés sur une surface qui
lui convient parfaitement, Arnaud Clément a mis au supplice les frères
Bryan et les quelque lobs distillés à bon escient pour faire reculer
leurs adversaires ont semé le trouble. Au-delà du point rapporté, les
deux hommes ont montré le véritable esprit de la Coupe Davis avec son
grain de folie, sa solidarité et la nécessaire complicité... «Il n'y
a qu'un mot : respect. Vraiment un grand coup de chapeau parce qu'ils
nous remettent un peu en selle avec ce double. Grand merci à eux deux», s'enthousiasme Guy Forget. Si Patrick McEnroe ne les remercie pas, il les félicite chaleureusement : «Nous
avons joué contre une grande équipe. Les Français ont joué un tennis
incroyable et réussi des gros points. Ce n'est pas Bob et Mike qui ont
raté, ce sont eux qui ont réussi de beaux coups.» Les plus anciens donnent parfois l'exemple au plus jeune. |
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