Le duo Karim Benzema-Franck Ribéry a bien fonctionné (Panoramic)
Après les trois matches de préparation de l'équipe de France, un bilan des Bleus à cinq jours de France-Roumanie.
Les plus : - 0 but encaissé en trois matches avec à
chaque fois une défense différente. C'est le gros point de satisfaction
de cette préparation. Bien sûr, dans cet optimisme béat, il y a
toujours des choses à redire. La Colombie a touché le poteau sur une
erreur d'Abidal. L'Equateur et le Paraguay ont eu une ou deux
opportunités de marquer. Gallas estime n'être qu'à 70 % de ses moyens
et le potentiel offensif des trois adversaires sud-américains était
certainement moindre que celui des Pays-Bas, de l'Italie, et de la
Roumanie. Mais les Bleus ont encore été solides. Et lorsqu'il a dû
intervenir, Grégory Coupet s'est montré décisif. Sébastien Frey et
Steve Mandanda ont également été rassurants contre l'Equateur (2-0).
- Présent dans le onze de départ face au Paraguay et la Colombie, Karim Benzema
s'est imposé comme un titulaire indiscutable de par sa capacité à
accélérer le jeu et à se créer des occasions dans un espace réduit. Son
entente avec Franck Ribéry saute aux yeux et a même redonné du plaisir
à jouer à Thierry Henry, lequel a tenté de s'immiscer dans des
combinaisons à trois. Comme à son habitude, Raymond Domenech n'a rien
voulu dévoiler mais l'attaquant lyonnais part avec une longueur
d'avance sur Nicolas Anelka pour occuper le poste d'avant-centre aux
côtés du Barcelonais.
- Franck Ribéry a encore du jus. Malgré une très longue saison
avec le Bayern Munich, l'ancien Marseillais n'a rien perdu de son
pouvoir d'accélération. Auteur du penalty victorieux face à la
Colombie, il en est aussi à l'origine avec une feinte sur une touche.
Son inspiration, le trio qu'il forme avec Benzema et Henry sont des
promesses pour les Bleus. Seul problème, l'influence du Bavarois sur le
jeu tricolore est telle que se développe une Ribéry-dépendance. Sorti
avec une poche de glace sur la cheville face à la Colombie, le
dépositaire du jeu français n'aura pas droit à beaucoup de baisses de
régime pendant l'Euro.
- Raymond Domenech a profité de ces trois matches pour tester plusieurs systèmes
et le bilan est positif. Au 4-4-2 classique, avec Ribéry et Malouda sur
les côtés, s'est substitué un milieu en losange contre la Colombie, le
joueur de Chelsea ayant un placement plus défensif avec le Bavarois
positionné en meneur dans l'axe. Sans doute le système qui donne le
plus de possibilités de combinaisons au trident offensif. «Ce que je
voulais, c'était être capable de s'adapter, de modifier un système sans
rencontrer de problèmes. C'est cela qui peut un jour nous permettre de
transformer une équipe sans conséquences négatives», s'est réjoui le sélectionneur.
- Patrick Vieira n'a pas trop à s'inquiéter. Ses remplaçants au poste
de milieu défensif sont prêts. Claude Makelele a encore été fidèle à
lui-même, ratissant un nombre incalculable de ballons. Jérémy Toulalan
s'est affirmé comme le suppléant idéal, démontrant la générosité qu'on
lui connaît, et une capacité aussi à conserver le ballon dans les
duels. Entré en cours de jeu contre le Paraguay et la Colombie, Lassana
Diarra a également montré qu'on pouvait compter sur lui. La présence de
trois milieux défensifs a ainsi permis de mieux contrecarrer les
offensives colombiennes. Elle offre également une meilleure assise à la
charnière Thuram-Gallas, plus sereine. Et donne la possibilité à
l'équipe de France d'évoluer en contre, sans doute là où elle est la
meilleure.
Les moins : - Trois buts en trois matches, dont un doublé
fantastique et surprenant de Gomis contre l'Equateur (2-0) et un
penalty de Ribéry face à la Colombie (1-0), si l'équipe de France
n'encaisse pas de buts, elle en marque peu. Le potentiel du trio
Henry-Benzema-Ribéry est indéniable mais l'animation offensive
est encore à travailler. Une amélioration dans la dernière passe, une
tendance parfois à se marcher sur les pieds, quelques ajustements ont
besoin d'être peaufinés. Le trident s'est également retrouvé bien seul
pour venir à bout d'une défense bien regroupée, a fortiori dans l'axe.
- Dans une configuration proche de celle de l'Euro, la discrétion des
arrières latéraux a ainsi été criante. Willy Sagnol n'a que très peu
arpenté son couloir droit contre la Colombie. Quant à Eric Abidal,
son influence offensive équivaut au néant. Titulaire devant le
Paraguay, Patrice Evra s'est montré beaucoup plus incisif dans ce
registre, comme il en a l'habitude avec Manchester United. Si un poste
prête encore à débat avant la Roumanie, c'est sans doute celui de
latéral gauche.
- Très en jambes face au Paraguay, l'équipe de France n'a pas semblé aussi fringante sur le plan physique
mardi soir. Elle a même vraiment subi en deuxième période face au
«toque» colombien. A mettre peut-être sur le crédit d'une deuxième
rencontre en quatre jours pour la plupart des joueurs et des effets du
stage à Tignes. Les Bleus ont encore cinq jours pour monter en
puissance et arriver au top lundi 9 juin contre la Roumanie à Zurich.
- Meilleur buteur de l'équipe de France, Thierry Henry est
sorti sous les sifflets du Stade de France face à la Colombie. Imprécis
dans ses passes, pas vraiment d'occasions à se mettre sous la dent, à
l'ombre du duo Ribéry-Benzema, le Barcelonais est resté en retrait même
s'il obtient le penalty. On remarquera d'ailleurs que Bafetimbi Gomis
est le seul attaquant à avoir marqué durant les trois matches de
préparation. «Encore une fois, ce n'est pas la première fois que
cela siffle au Stade de France. On a été sifflé contre Israël, contre
l'Irlande... Et au final, ça fait une finale de Coupe du Monde», rassure Thierry Henry.
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