
La coupe d'Europe des nations.-Imago/Panoramic
Deux
millions et demi de visiteurs attendus, 31 matches disputés dans deux
pays et huit villes, 60 000 policiers sur le pied de guerre et seize
équipes prêtes à en découdre pour le titre et les... 22,5 millions
d'euros promis au vainqueur.
À quelques jours du coup
d'envoi de l'Euro 2008, la Suisse et l'Autriche, coorganisatrices de
l'épreuve, sont prêtes à accueillir les quelque deux millions et demi
de visiteurs qui viendront assister aux 31 matches et manifestations
qui se disputeront dans les huit villes hôtes (Bâle, Berne, Genève,
Zurich, Innsbruck, Klagenfurt, Salzbourg, Vienne).
Côté Suisse,
la Confédération, les cantons et les villes concernées ont déboursé un
peu plus de 112 M€ pour un chiffre d'affaires net attendu de 920 M€,
soit une hausse de 0,1 % à 0,18 % du produit intérieur brut (PIB). En
outre, l'Euro 2008 a permis la création de 7 300 emplois à temps plein
et assure aux hôteliers helvètes... un million de nuitées. "Cela n'évitera pas des carences en hébergement, regrette Alain Kunz, journaliste à Blick, le quotidien suisse de langue allemande.
Les chambres d'hôtels, notamment à Genève, sont très chères. À Berne ou
à Bâle, l'offre n'est pas suffisante. Les supporters et touristes
souhaitant suivre l'Euro devront parfois s'éloigner de plus de 50
kilomètres du lieu de la rencontre pour trouver un endroit où dormir."
En
Autriche, le son de cloche est quasiment identique : à l'exception de
Vienne, les villes accueillant l'Euro sont jugées trop... petites. Ce
qui n'empêchera pas le chiffre d'affaires net d'atteindre 1,132
milliard d'euros, pour une valeur ajoutée nette de 640 M€ (soit 0,21 %
du PIB), dont la plus grande part proviendra des supporters qui
devraient dépenser pendant leur séjour quelque 560 M€. Le pays a
investi 133 M€, dont 70 pour l'aménagement des quatre stades. Grâce au
tournoi, le gouvernement devrait engranger 25 M€ de recettes
fiscales... L'Euro 2008 s'annonce aussi comme un gros succès
populaire : plus un billet n'est disponible, tous les stades sont
complets. "Rien que pour l'équipe suisse, poursuit Alain Kunz, il y a eu dix fois plus de demandes. C'est extraordinaire. Mais cela s'explique aussi par les faibles capacités d'accueil des stades de l'Euro..."
TRÈS GROSSE CAGNOTTE
Les deux gouvernements ont mis le paquet sur la sécurité, une véritable obsession, partagée également par l'UEFA (lire aussi p. 12).
27000 policiers autrichiens et 31 000 suisses sont sur le pied de
guerre. Tous les scénarios catastrophes ont été simulés, de la visite
impromptue d'un chef d'État à l'alerte terroriste. Sur ce dernier
point, la police fédérale helvétique prend très au sérieux les menaces
d'attentat proférées par le réseau islamiste Al-Qaïda. "Les villes, les cantons et l'État suisse avaient au départ évalué le dossier sécurité à hauteur de 6,1 M€ mais, à l'arrivée, continue Alain Kunz, l'enveloppe atteint 61,5 M€." Les
autorités pourront également compter sur les renforts européens (2 500
policiers) pour endiguer d'éventuels débordements de supporters
belliqueux. Des hommes en uniforme, mais aussi des "profileurs" en
civil auront pour mission de repérer les meneurs dans les groupes de
supporters.
Les seize équipes engagées dans ce treizième
championnat d'Europe seront donc ultra protégées mais aussi
copieusement récompensées. L'UEFA va ainsi distribuer 184 M€ de primes
(contre 124 M€ en 2004), dont 64 millions en fonction des performances
sur le terrain. Chaque pays recevra 7,5 M€ pour couvrir ses frais de
participation. Une victoire en poule vaudra 1 M€, 500 000 € pour un
nul. Les huit qualifiés en quarts toucheront 2 M€ de plus. La
qualification en demi-finale rapportera 3 M€. Le finaliste empochera
4,5 M€ et le vainqueur, 7 M€. L'équipe ayant remporté tous ses matches
pourra donc cumuler un joli pactole de 22,5 millions d'euros |