Agacé par les scandales de dopage à répétition touchant d'anciens
coureurs de l'équipe, T-Mobile, filiale de Deutsche Telekom, a décidé
de mettre immédiatement fin à son sponsoring dans le cyclisme.

La goutte d'eau Sinkewitz La patience de T-Mobile aura
finalement eu des limites. Plus vieux partenaire du cyclisme, présente
dans le peloton depuis 1991, Deutsche Telekom a annoncé ce mardi
qu'elle se retirait immédiatement du sponsoring cycliste. «Nous
sommes arrivés à cette décision pour séparer notre marque des récentes
révélations de dopage dans le sport et dans le cyclisme en particulier.
C'était une décision difficile au regard de notre longue histoire de
soutien au cyclisme et les efforts de Bob Stapleton pour diriger
l'équipe en 2007. Nous avons une obligation vis à vis de nos employés,
de nos clients et de nos actionnaires pour concentrer notre action et
nos ressources sur notre cœur de métier», a expliqué Hamid Akhavan, patron de T-Mobile, dans un communiqué diffusé sur le site internet de l'équipe allemande.
En juillet dernier, la formation germanique, déjà éclaboussée par les
nombreuses affaires de dopage circulant autour de Jan Ullrich, son
ancien leader licencié en 2006, et par les aveux de dopage de Bjarne
Riis, Erik Zabel ou encore Rolf Aldag, anciens membres de l'équipe,
avait pourtant réaffirmé son engagement dans le cyclisme en indiquant
vouloir aller au bout de son contrat de sponsoring qui courrait
jusqu'en 2010. Mais la direction avait prévenu qu'en cas de nouveau cas
de dopage avéré, elle pourrait changer d'avis. Et quelques jours après
le succès rafraîchissant du jeune Linus Gerdemann, présenté comme le
fleuron de la nouvelle génération allemande, lors de la 7e étape du
Tour de France, Patrik Sinkewitz était convaincu de dopage à la
testostérone. Admettant sa faute, le coureur allemand décidait de
collaborer avec la justice de son pays. Et les révélations qu'il fit
ont certainement mis les dirigeants de T-Mobile dans l'embarras. Début
novembre, Sinkewitz expliquait avoir pris de l'EPO depuis 2003 puis
être passé aux transfusions sanguines en arrivant chez T-Mobile en
2006. Le natif de Fulda précisait que ce dopage était encadré par les
médecins de l'équipe, Lothar Heinrich et Andreas Schmid, licenciés
depuis.
Des coureurs à l'avenir incertain Des révélations qui ont
fait voler en éclats la théorie d'un dopage individualisé, pratiqué
dans leur coin par quelques brebis galeuses et frappé un coup très
sévère à une formation qui avait décidé de consacrer la moitié de son
budget à la lutte contre le dopage. Des révélations qui ont surtout
sans doute lourdement pesé dans la décision de Deutsche Telekom de se
retirer des pelotons, bien que ses dirigeants s'en défendent dans le
communiqué publié ce mardi. Avec ce désengagement d'une des équipes
phares du peloton, des coureurs comme Hincapie, Kirchen, Ciolek ou
Gerdemann se retrouvent sur le carreau. Bob Stapleton, le manager de
l'équipe, veut pourtant garder espoir de pouvoir conserver ses troupes.
«Nous espérons pouvoir continuer pour atteindre nos objectifs et mener à bien notre lutte contre le dopage dans le cyclisme», affirme-t-il. Le quotidien flamand, Het Nieuwsblad,
souvent bien renseigné en matière de cyclisme, annonçait lundi que
Stapleton aurait déjà trouvé une alternative en cas de départ de
T-Mobile.
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